Réglementation

Déclarer son kit solaire plug and play : la démarche Enedis pas à pas

Même un seul panneau sur prise se déclare à Enedis : convention d'autoconsommation sans injection (CACSI), informations à préparer, branchement en sécurité, mairie, copropriété et assurance. Une démarche gratuite, en ligne et sans Consuel pour un kit standard.

7 min de lecture · mis à jour le

Déclarer son kit solaire plug and play : la démarche Enedis pas à pas

Règles vérifiées auprès d'Enedis, de service-public.fr et de l'ADEME à la date de mise à jour (9 octobre 2026). Elles évoluent : les liens officiels sont en fin de page.

Un kit plug and play (un ou deux panneaux, un micro-onduleur et un câble à brancher sur une prise) est une petite centrale électrique raccordée à votre installation. Il se déclare à Enedis, quelle que soit sa puissance. Rassurez-vous : pour un kit standard, la démarche est gratuite, se fait en ligne et ne demande pas d'attestation Consuel.

À quoi sert la déclaration ?

Elle informe Enedis qu'un appareil produit de l'électricité derrière votre compteur, et vous engage sur la sécurité : le micro-onduleur se coupe tout seul quand le réseau est coupé (protection de « découplage ») et le kit est branché sur un circuit électrique conforme à la norme NF C 15-100.

Qui est concerné ?

Tous les foyers raccordés au réseau qui branchent un kit, propriétaires comme locataires, même pour un seul panneau de 400 W : Enedis impose la déclaration de toute installation en autoconsommation, même sans injection et quel que soit son niveau de puissance. Si votre réseau est géré par une entreprise locale de distribution (régie), la démarche se fait auprès d'elle.

La convention d'autoconsommation sans injection (CACSI)

Quand toute la production est consommée chez vous, la déclaration aboutit à une convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) : un contrat type d'Enedis, pour les installations jusqu'à 36 kVA, par lequel vous vous engagez à ne rien renvoyer sur le réseau.

  • « Sans injection », concrètement : Enedis considère qu'il n'y a pas d'injection tant que la puissance moyenne renvoyée sur le réseau reste sous 10 W sur chaque période de 30 minutes.
  • La puissance du kit doit rester inférieure ou égale à celle de votre abonnement (6 kVA, 9 kVA…) : c'est toujours le cas d'un kit.
  • Dimensionnez le kit sur votre consommation de fond en journée (réfrigérateur, congélateur, VMC, box…). Au-delà de deux panneaux, elle suffit rarement à tout absorber : voir optimiser son autoconsommation.

Et si le kit renvoie un surplus sur le réseau ?

Si le kit produit souvent plus que ce que la maison consomme (gros kit, logement vide la journée), la CACSI ne convient plus. Deux solutions :

  • supprimer le surplus : kit plus petit, appareils lancés en journée, ou système qui bride la production quand la maison consomme peu ;
  • déclarer une injection du surplus : demande de raccordement en injection sur le même portail, qui met fin à la CACSI. Le surplus est alors cédé gratuitement à Enedis (possible sous 3 kVA d'injection) ou vendu. Toute injection avant la mise en service par Enedis est interdite.

La démarche pas à pas

Les informations à préparer

À préparer Où le trouver
Numéro PRM (14 chiffres, l'ancien « PDL ») Facture d'électricité ou écran « Référence PRM » du Linky
Puissance souscrite (kVA) Facture ou contrat d'électricité
Puissance du kit La plus petite valeur entre la puissance crête des panneaux et celle du micro-onduleur
Marque, modèle et nombre de micro-onduleurs, type de panneaux Fiche technique du kit
Certificat de conformité du micro-onduleur (norme NF EN 50549-1) Vendeur ou fabricant : Enedis peut le demander

Les étapes

  1. Vérifiez votre compteur. Il faut un compteur électronique (Linky) : si vous avez encore un ancien compteur électromécanique, Enedis le remplace à ses frais.
  2. Déposez la demande sur le portail Enedis Connect, en indiquant que toute la production est autoconsommée, sans injection. Le vendeur du kit ou un tiers peut aussi le faire pour vous, avec un mandat.
  3. Cochez l'attestation sur l'honneur prévue pour les appareils prêts à brancher : kit fabriqué, assemblé et testé en usine, aucun circuit électrique créé chez vous, micro-onduleur avec protection de découplage conforme, branché sur un circuit conforme à la NF C 15-100. Dans ce cas, pas d'attestation Consuel. Elle devient obligatoire si un circuit est créé pour le kit, si vous ajoutez une batterie, au-delà de 3 kVA ou si les panneaux sont montés sur le toit (voir Consuel et réglementation).
  4. Acceptez la convention proposée par Enedis sur le portail : vous pouvez alors mettre le kit en service. Sans réponse, c'est possible 15 jours calendaires après l'envoi d'un dossier complet.
  5. Testez le découplage à la mise en service : kit en marche, coupez le disjoncteur de branchement (le disjoncteur général près du compteur), vérifiez que le kit s'arrête, puis remettez le courant.

La déclaration est gratuite : aucun frais de gestion ou de comptage n'est facturé pour la production. Prévenez ensuite Enedis si vous modifiez le kit (panneau ou batterie ajoutés) ou si vous le retirez.

Brancher son kit en toute sécurité

Un kit bien choisi se branche sans travaux sur une installation en bon état. Le guide de sécurité de la filière (SER et Enerplan, avec le soutien de l'ADEME), repris par l'Institut national de la consommation, fixe ces règles :

  • une prise murale 16 A avec terre (2P+T), étanche (IP44) si elle est exposée aux intempéries ;
  • un différentiel 30 mA qui protège ce circuit au tableau électrique ;
  • la fiche du kit directement dans la prise murale : ni multiprise, ni rallonge ;
  • une puissance maximale par circuit, en additionnant tous les kits branchés sur ce circuit :
Circuit de prises au tableau Puissance solaire maximale
Fils de 2,5 mm², disjoncteur 20 A 900 W
Fils de 1,5 mm², disjoncteur 16 A 350 W

Pourquoi une limite ? Le courant du kit s'ajoute à celui des appareils branchés sur le même circuit, sans que le disjoncteur le voie : au-delà, les fils peuvent chauffer. La puissance à retenir est celle du micro-onduleur, ou celle des panneaux si elle est plus faible.

Faites appel à un électricien si vous ne savez pas repérer le circuit, s'il n'y a pas de différentiel 30 mA ou de prise de terre, si le kit dépasse la limite de son circuit ou s'il est fixé à demeure. Il crée un circuit dédié depuis le tableau, raccordé de façon fixe, comme pour une installation solaire classique. Un circuit étant créé, Enedis demande alors une attestation Consuel.

À la date de mise à jour, la norme NF C 15-100 révisée (publiée en août 2024, appliquée depuis le 1er septembre 2025) interdit de raccorder un générateur à un circuit de l'installation par une prise ou une fiche. Le Gouvernement rappelle qu'un kit simplement branché sur une prise ne relève pas de l'installation électrique fixe, mais n'annonce aucune dérogation (réponse publiée au Journal officiel le 26 mai 2026). Le circuit dédié posé par un électricien lève toute ambiguïté.

Et les « 800 W » souvent cités ? C'est la limite fixée en Allemagne, et le seuil sous lequel Enedis allège les exigences techniques du micro-onduleur. Ce n'est pas une règle française de branchement sur prise : en France, le repère est la puissance par circuit du tableau ci-dessus.

Les autres démarches

  • Mairie. Posé au sol, à moins de 1,80 m de haut, sous 3 kWc et hors secteur protégé (abords d'un monument historique, site patrimonial) : aucune formalité. Fixé sur un toit ou une façade, il modifie l'aspect extérieur : déclaration préalable de travaux. Pour un balcon, renseignez-vous en mairie.
  • Copropriété. Un kit visible de l'extérieur (garde-corps, façade) touche à l'aspect de l'immeuble : il faut en principe l'autorisation de l'assemblée générale (majorité absolue).
  • Locataire. La convention vous fait attester l'accord du propriétaire du logement : demandez-le par écrit.
  • Assurance. La convention impose une responsabilité civile couvrant le kit : prévenez votre assureur habitation.
  • Toit récent. Un kit fixé sur une toiture neuve ou refaite peut remettre en cause la garantie décennale du couvreur.

Pour choisir la puissance du kit selon votre consommation, lancez le simulateur ; pour une installation plus grande, voir dimensionner son installation.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer un petit kit de 400 W ?

Oui. La déclaration est obligatoire quelle que soit la puissance, même sans injection. Pour un kit prêt à brancher, elle est gratuite, se fait en ligne et ne demande pas d'attestation Consuel.

Que risque-t-on sans déclaration ?

La convention est le préalable obligatoire à la mise en service : sans elle, le kit fonctionne en dehors des règles de raccordement au réseau. En cas de sinistre, vous risquez d'avoir du mal à démontrer à votre assureur que l'installation était déclarée et conforme. La démarche étant gratuite, autant la faire.

Puis-je vendre mon surplus ?

Pas avec une CACSI, qui exclut toute injection. Il faut une demande de raccordement en injection : le surplus est alors cédé gratuitement à Enedis ou vendu, mais le tarif d'achat d'EDF OA impose notamment une pose par un installateur qualifié. Pour un kit, le plus intéressant reste de consommer toute sa production.

J'ai déjà des panneaux qui vendent leur surplus : puis-je ajouter un kit ?

Non, c'est incompatible : l'acheteur du surplus ne pourrait pas savoir si l'électricité vient de l'installation déclarée ou du kit. Mieux vaut faire agrandir l'installation existante.

Sources

Mis à jour le 9 octobre 2026.

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